Le Cun du Larzac

Mars 2003, le Cun du Larzac, Aveyron.

Désireux de retrouver le frisson de la première randonnée, je décide de partir marcher sur une période plus longue. Mon choix se porte sur le plateau du Larzac, pour sa planéité et sa population réduite.

Novice et dépourvu d’entrainement, j’arrive en haut du col et je me trompe d’orientation. Je commence donc mon tour du causse à rebours. Je tente vainement de trouver une concordance entre les indications inscrites sur ma carte topographique et le paysage que je parcours mais il me faudra attendre un jour et demi pour me rendre compte de mon erreur. À court d’eau et de nourriture je débarque alors au Cun du Larzac, le camping historique des hippies.

J’installe ma tente au milieu des chèvres. J’y resterai durant toute la durée de mon séjour. La journée je pars graver le paysage, fasciné par les habitats troglodytes, les mousses du sol karstique et les rochers ruiniformes.

De cette marche initiatique je tirerai une série d’eaux fortes gravées sur le motif, quelques toiles, de nombreuses pellicules et ma première pièce textile : le mola du Larzac, un vêtement inspiré des habits traditionnels kunas et de mon expérience de l’écoumène.

Par la suite j’ai multiplié les marches. Le long de la côte bretonne, dans le Lubéron, les Pyrénées, le Mont Blanc mais je n’en ai plus jamais rien extrait.